Merveilleuses laitues

La laitue est comme nous : elle aime la vie. Alors elle fera tout pour vivre encore un peu. Pour permettre à vos laitues d’être aussi généreuses que leur nature le leur permet, ne les arrachez pas quand vous les cueillez : coupez-les.

Il y a plusieurs semaines, peut-être deux mois, j’ai coupé à ras une laitue. Voilà aujourd’hui dans quel état elle est.

Il ne s’agit pourtant pas d’une variété de salade à couper mais d’une laitue Merveille des quatre saisons qui porte bien son nom. Ces Merveilles ont passé tout l’hiver au potager breton sans serre ni tunnel et sans broncher. Elles ont été semées le 28/08/21 et je récolte aujourd’hui, soit 6 mois et demi plus tard, l’antépénultième. Il m’en reste donc deux (plus les petits crotichons fournis par les salades coupées) que je vais laisser monter à graines pour pouvoir ressemer cette variété si généreuse.

Complications immobilières

Ça doit être la poisse, ou bien un con qui a pointé le doigt sur moi en disant : « celle-ci, je vais l’emmerder »… Rappel des faits :

J’ai mis très longtemps à trouver une maison à acheter car : 1/ j’ai un tout petit budget (ce qui est le principal problème quand on veut accéder à la propriété) ; 2/ je cherche une maison sur le littoral breton du Trégor (la côte de granit rose secteur Perros Guirec / Trégastel : hors de prix) car elle doit se situer tout à côté de la maison que mon conjoint et moi retapons et qui sera la nôtre dans quelques temps (plus le temps passe et plus je sais que ce sera dans longtemps).

La côte de granit rose dans les Côtes d’Armor

J’ai trouvé une toute petite maison hors de prix (30 mètres carrés, 80 000 €) dans une très chouette commune à 6 minutes en voiture de la belle plage de Saint-Michel-en-Grève (vous savez, les algues vertes…).

La plage de Saint-Michel-en-Grève, sans les algues vertes

La constitution de mon dossier de prêt a pris 3 mois : 3 mois de paperasse avec un banquier incapable qui me posait une question tous les quinze jours et n’était même pas capable de réceptionner correctement les documents demandés. Un gros nul.

Pour recontextualiser, j’étais d’autant plus pressée que je n’ai plus de bulletins de salaire à fournir puisque j’ai démissionné le 31 décembre dernier. Donc chaque matin je me disais « cette fois, il va me demander mon bulletin de salaire de janvier ». Mais non (il est tellement incompétent que ça ne lui a pas traversé l’esprit). Nous bouclons par téléphone mon dossier de demande, assurance comprise (point délicat et onéreux quand on a passé 50 ans) le 14 janvier et je lui envoie toutes les pièces demandées ce jour-là. Mais le 31 janvier il me demande si je fume, le 13 février quel jour je souhaite être prélevée et le 28 février, une pièce d’identité de mon conjoint… alors que la date limite de promesse de vente est le 18 mars, le 28 février mon dossier n’est toujours pas transmis pour signature. J’ai craqué, je l’ai appelé et lui ai dit tout ce que je pensais de lui. Le 1er mars, mon prêt était transmis et accepté.

Et enfin, on y est : signature devant le notaire prévue le vendredi 18 mars. Que peut-il m’arriver à présent ?

Eh bien le truc incroyable s’est produit. Je reçois un coup de téléphone de la clerc de notaire lundi : le propriétaire actuel est mort ce week-end. Et là franchement, je n’en peux plus… Une close de la promesse de vente oblige les héritiers à vendre, mais quand ? Je suis dans une situation de logement délicate en ce moment, tout est assez compliqué et je suis fatiguée de tous ces délais. Je veux juste une petite maison à moi…

Il y a plus malheureux que moi dans le monde en ce moment, c’est vrai, mais ça ne me remonte pas le moral d’y penser, tout au contraire… Je songe aussi à cette famille endeuillée, à cette femme qui a perdu son mari : ils étaient nés dans la même commune à dix jours d’intervalle et devaient se connaître depuis soixante-dix ans…

Tout va mal en fait, où qu’on regarde…

Semis de tomates 2022

Puisque ce matin il pleuvait, comme tous les jours, je n’ai pas pioché mais semé. Après les aubergines, les poivrons, les poireaux, les betteraves, les oignons, les carottes, l’ail et les laitues, voici donc les stars estivales de bien des jardins. Voici de mon côté comment s’est passé mon semis de tomates 2022.

Je mise cette année sur un grand nombre de variétés différentes. J’ai acheté par mal de petites quantités de graines sur Le Bon Coin, ça me permet de varier les plaisirs.

Voici comment je procède.

  • je remplis mes petits godets avec du terreau maison jusqu’en haut ;
  • je place les godets dans une bassine d’eau afin que la terre soit totalement mouillée ;
  • je sors les godets de l’eau et je tasse la terre dont le niveau descend à la moitié : c’est bien, je pourrai ainsi en ajouter quand les semis auront filé, ce qui arrive systématiquement puisqu’ils restent à l’intérieur ;
  • je fais trois trous peu profonds avec un crayon ;
  • je mets une graine dans chaque trou, je recouvre à peine avec la terre des bords du trou et je tasse ;
  • j’ajoute immédiatement une étiquette avec le nom de la variété (les miennes ici sont faites en briques de lait récupérée chez belle-maman);
  • et hop, je mets ça dans des tiroirs en plastique récupérés à la déchèterie qui se révèlent hyper pratiques pour déplacer tout ça ;
  • je n’arrose pas avant trois jours car la terre est complètement trempée et il ne faut pas faire pourrir les graines ;
  • j’entrepose ces tiroirs dans une pièce chaude, pas besoin de lumière tant que les graines n’ont pas germé.

Voici les variétés semées :

  • Green Zebra
  • Coeur de Boeuf
  • Rose de Berne
  • Charbonneuse (elle a résisté au mildiou l’an passé !)
  • Cornue des Andes
  • Noire de Crimée
  • Peacevine (tomate cerise rouge)
  • Poire jaune (tomate cerise jaune)

Bilan des opérations : un potentiel de 77 plants de grosses tomates et 15 plants de tomates cerise. Si la pluie s’arrête de tomber tous les jours, ça sera formidable…

En ce jour pluvieux, j’ai aussi semé en pot ou godet : de l’aneth, de la coriandre, du basilic citron, du persil, des blettes et de la poire melon ; et en pleine terre : des épinards et des radis. Et tout ça en accord avec le calendrier lunaire.

Boutures de rosier

En juillet dernier, j’ai tenté de bouturer un rosier qui pousse dans le jardin d’une maison blésoise inoccupée depuis plusieurs années. Je n’en connais pas la variété, mais après recherches, il ressemble beaucoup à un rosier « Violette parfumée » (comme sur la photo de bannière). J’ai photographié ce rosier en fleur mais j’ai depuis perdu mon téléphone portable et les photos qui allaient avec…

Alors que je passais devant cette maison l’été dernier, une dame qui cueillait des roses à travers la grille m’en a offert une, disant qu’elle se mariait très bien avec ma robe. C’était vrai et j’aime beaucoup ces coloris vieux rose, mauve ou tendre violet. J’aime aussi ce monde où on peut se voir offrir des fleurs dans la rue, juste pour une harmonie de couleurs…

Le 11 juillet 2021 puis à nouveau le 28 août, j’ai tout simplement mis des branches de ce rosier dans des pots de terre (en coupant feuilles et fleurs) placées dans un bâtiment extérieur : ces boutures ont toutes pourri.

J’ai recommencé de nouvelles boutures le 23 janvier 22. Trois branches dans des bouteilles plastique pleines de terre végétale avec cailloux dans le fond. Deux yeux enterrés au moins, arrosage le jour du bouturage et le lendemain, c’est tout. Les bouteilles sont laissées dehors au pied du mur avec des feuilles mortes.

6 branches de rosiers bouturées le 23 janvier

Résultats de ce troisième essai : tadam !

Les 6 mêmes branches le 4 mars

Je suis contente, les trois boutures de rosier semblent avoir pris. Première leçon donc : bouturer les rosiers en hiver. J’ai envie de les planter plus tard toutes les trois ensemble, ça me fera deux jolis pieds touffus.

Il faut que je me renseigne pour la suite : combien de temps les laisser dans leur bouteille plastique, où leur faire passer l’été, quand les replanter…

Plantation de rattes

Il est encore un peu tôt pour planter les pommes de terre, même en Bretagne, mais j’en planterai d’autres d’ici trois semaines. C’est la ratte qui ouvre le bal des patates, la ratte du Touquet, un vrai régal de petite pomme de terre.

J’ai choisi de faire cette plantation de rattes dans une lasagne en bottes de paille car je n’ai pas beaucoup de place pour les légumes racines (mais ça va s’arranger puisque je pioche environ six heures par jour depuis des jours pour aménager cet espace du potager…).

Non, vous ne rêvez pas, il y a bien un rayon de soleil breton sur cette photo : après des jours et des jours de pluie, ça fait du bien.

J’ai 25 rattes un peu germées (j’aurais bien aimé qu’elles le soient plus mais je quitte la Bretagne sous peu et je veux planter avant de partir). Je les ai achetées en filet à planter car je n’en ai pas trouvé chez les maraîchers que je fréquente. Chez La Bonne graine, le filet de 25 pommes de terre non germées (730 grammes) est à 8,50 €.

Je les plante serrées car mon espace est réduit et car la ratte est peu productive. J’espère qu’elle se plaira dans cet espace aménagé exprès pour elle.

De retour dans deux grosses semaines, je planterai de la Maïwen et j’espère que mes rattes auront commencé à faire des feuilles.

Voici la minette qui m’accompagne durant mes travaux de terrassement et de plantation. Un jour, je vous raconterai son histoire…

Acheter du lait cru

Je n’achète plus de lait en brique car :

  • l’emballage est un déchet ;
  • je ne fais pas mes courses en supermarché ;
  • je ne veux pas enrichir Lactalis, Sodiaal et compagnie.

Dès lors, il me faut trouver du lait d’une autre façon (je ne suis pas végan, juste végétarienne). Parfois, on peut sur les marchés acheter du lait cru (ni pasteurisé, ni chauffé mais tel que sorti de la vache) mais c’est rare et du lait pasteurisé jamais car les producteurs ne sont souvent pas équipés pour pasteuriser le lait. C’est compliqué pour eux de vendre du lait cru sur les marchés car le délai de consommation est très court (J + 3). Ils n’ont pas le temps de traire avant de partir au marché le matin très tôt donc leur lait est celui de la veille et il ne reste plus que deux jours de consommation aux clients.

De plus, le lait cru a mauvaise réputation (l’hygiénisme veut qu’on tue toutes les bactéries, même les bonnes), il n’y a donc pas beaucoup de demandes. On comprend que les producteurs n’aient pas envie de se casser la tête à vendre du lait cru à trois pelés et un tondu.

Ici en Bretagne, j’ai trouvé un réseau par le bouche-à-oreille pour acheter du lait cru. C’est simple comme bonjour, il n’y a qu’à suivre les flèches.

J’envoie un message à la ferme la veille pour le lendemain ou le jour même avant 8 heures. Puis je vais à la ferme à n’importe quelle heure, à minuit si je veux (je n’y vais pas exprès, je commande quand je prévois de passer devant la ferme, ce que je fais au moins deux fois par semaine). Le frigo à lait est stocké dans une petite dépendance, facilement accessible. Je l’ouvre et dedans il y a les bouteilles, dont une avec mon prénom écrit sur le couvercle.

Je prends ma bouteille en verre de lait cru bio et je dépose 1 euro dans la tirelire. Je rapporte toutes mes bouteilles quand j’en ai dix et la productrice m’en offre alors une.

Tirelire à lait que personne n’a encore volée…

Aussitôt rentrée, je fais bouillir mon lait pour faire d’excellents yaourts dans ma yaourtière Yalacta 100% low tech (donc sans électricité) !

Alors oui, 1 euro le litre de lait bio, c’est plus cher qu’en supermarché mais je préfère donner de l’argent à cette dame plutôt qu’à l’industrie agro-alimentaire. En Bretagne en ce moment, les producteurs de lait mettent le bordel pour qu’on leur paie 420 € les 1 000 litres : on comprend aisément à quel point tous les intermédiaires se servent au passage et pourquoi les producteurs se sentent exploités.

Je ne suis pas riche, je gagne en gros 1 000 balles par mois mais je suis pour un monde où les gens sont rémunérés correctement pour leur travail. J’en ai marre des profiteurs gras du bide qui roulent en BM en pensant à tous pigeons qu’ils plument.

Je ne serai jamais riche, c’est certain, mais j’aimerais vivre dans un monde meilleur… alors je fais en sorte qu’il advienne.

Achat d’une serre d’occasion

Puisque je vis de plus en plus en Bretagne nord, je rencontre des jardiniers costarmoricains et leur demande des conseils. Je raconte ma glorieuse expérience en tomates qui l’an passé n’ont pas attrapé le mildiou malgré une météo exécrable. Bon d’accord, c’était à Blois et pas en Bretagne nord… mais cette réussite m’a rendue optimiste.

Il s’avère que cet optimiste est de la naïveté. David, puis Eric (par ailleurs paysagiste donc professionnel du jardin) m’ont assuré qu’il n’était pas possible d’avoir des tomates dans le Trégor sans serre. Misère, moi qui suis en train de veiller amoureusement sur mes semis de poivrons et d’aubergines ! Pour un projet d’autonomie comme le mien, l’achat d’une serre d’occasion s’avère indispensable.

J’ai donc fait moult recherches, évalué les avantages et les inconvénients d’un très grand nombre de serres disponibles dans une gamme de prix varié tout en restant dans la serre tunnel car je n’ai pas les moyens de mieux. Et j’ai créé une alerte Le Bon Coin. Je visais une 12 m² avec des arceaux de 32 mm car ici le vent souffle en tempête trèèèèès souvent. Voilà des semaines que j’attends, les propositions sont rares (et les demandes courantes).

Et l’annonce d’Edwige est tombée : une serre France Serres, 28 m², arceaux 32 mm, bâche 200 microns à Lannion soit 10 minutes de notre futur chez nous. La serre est montée depuis 6 mois mais la bâche est encore dans l’emballage : elle n’a jamais servi. J’ai hésité car elle est vraiment très grande et plus chère que le budget prévu pour l’achat d’une serre d’occasion. Mais finalement voilà, c’est fait : la serre tunnel de jardin SEMI-PRO avec 2 portes 28m² de chez France Serres est à moi pour 380 € au lieu de 700€ neuve.

3 heures 30 de démontage à deux, on a bien sûr fini sous la pluie pile à la tombée de la nuit. On devrait mettre trois fois plus de temps à la remonter….

Mais d’abord, il me faut aménager le terrain qui l’accueillera. Comme la condition sine qua non pour que j’aie une serre était qu’elle ne soit visible ni de notre future maison ni du jardin, elle sera à l’écart, dans ce qui fut jadis un champ mais qui est retourné en friche depuis bien des années. Et comme partout ici, le terrain est très mouillé (classé « zone humide »). Voilà, il me faut à présent nettoyer tout ça (en plus de tout le reste, bien sûr) :

Lasagne dans un bac en bottes de paille

Parce que je n’en peux plus de piocher pour déterrer les ardoises enfouies depuis plusieurs décennies, j’ai décidé de cultiver hors sol. Juste à côté de mon bac en ardoises, je crée donc une lasagne en bottes de paille, beaucoup plus rapide à construire.

J’achète de la paille chez un agriculteur du coin, toujours le même (30 € les 10 bottes de paille + 2 bottes de foin). Dimensions du bac : 3 bottes sur 1.

Une ficelle fait le tour des bottes pour une meilleure solidité

Une lasagne potagère, comme son nom l’indique, est constituée de couches successives de matière végétale nutritive pour les futures plantations. C’est une construction éphémère (un an en général) et réutilisable ensuite en compost.

Voici comment j’ai étagé ma lasagne :

  • Dans le fond, une couche de cartons (pour les vers de terre) ;
  • Environ 30 cm de paille (carbone) ;
  • Environ 10 cm d’herbe coupée + orties fraîches (azote) ;
  • Environ 10 cm de paille (carbone) ;
  • Environ 20 cm d’herbe coupée (azote) ;
  • Environ 20 cm de compost + terre de sous-bois (les plants prendront racines dedans).

Tout ça va évidemment se tasser en se décomposant. J’ajoute par-dessus une couche de paille qui servira de paillage.

Ça peut chauffer un peu à l’intérieur. Je planterai des pommes de terre (de la ratte, mise à germer) d’ici quelques jours, avant de repartir pour Blois. J’espère qu’à mon retour, elles auront commencé à faire des feuilles.

Explications et construction d’une lasagne en bottes de paille en vidéo par Damien Dekarz.

Construction d’un bac en ardoises et plantation d’oignons

Heureusement il pleut aujourd’hui, ça me permet de faire une pause. Depuis des jours, je pioche sur une vingtaine de mètres carrés où des ardoises ont été enfouies il y a une quarantaine d’années. Toute une toiture…. c’est éreintant… Ce faisant j’arrache des décennies de racines de fougères, orties et ronces. Je me demande quoi faire de toutes ces vieilles ardoises, pour la plupart cassées dont certaines serviront à remblayer les drains que nous devons construire autour de notre future maison. J’ai eu une idée, mais si j’avais su qu’elle me prendrait tant de temps…

Je voulais un endroit pour cultiver l’ail et l’oignon. Le problème est que ces alliacés 1/ n’aiment pas l’humidité et nous sommes en zone humide , 2/ ne veulent pas de sols très amendé et j’enrichis au maximum mes planches de culture depuis l’automne (herbe coupée, feuilles mortes, crottin, BRF…) pour les plantations de printemps.

J’ai donc décidé de faire un bac rien que pour les oignons, pour qu’ils soient plus hauts que le niveau du sol parfois gorgé d’eau, et je l’ai construit en ardoises. Voilà le résultat :

Longueur : 1,80 – Largeur : 0,65 – Hauteur : 0,20

Je suis contente du résultat même si la solidité n’est pas garantie. J’ai mis de la terre entre les ardoises, j’espère qu’elle consolidera la structure.

J’ai ensuite rempli le bac de terre : autre épreuve car il faut de la terre bien meuble et nous n’avons ici que de l’argile très compacte. J’ai donc ramassé la terre des taupinières et celle qui se trouve en surface sur les ardoises : c’est de la belle terre noire faite de feuilles et de végétaux décomposés depuis quarante ans. J’ai tamisé cette terre noire mêlée d’ardoises en mille morceaux, c’est absolument tuant !

Et bien sûr, j’ai planté mes oignons, des oignons rouges Red Baron à la chair douce et sucrée, qui se plantent d’octobre à mars. Trois rangées de 15 bulbes, j’espère qu’ils vont se plaire dans ce nid douillet construit exprès pour eux !

Bon, c’est pas tout ça, le soleil mais est revenu : je retourne au désenfouissement des ardoises, j’ai bien l’intention de cultiver en bacs (de natures et de tailles variées) sur l’espace ainsi nettoyé.

L’Ispisiri : épicerie autogérée

Parmi les rares choses qui me remontent le moral en ce début d’année 2022, il y a l’ispisiri. En breton, ça veut dire épicerie, un mot en voie de disparition même en français. Face au tout supermarché ou au tout en ligne, il s’agit de faire ses courses en local sans courir les producteurs et surtout de se rencontrer. Perso, j’y vais aussi en cas de coup de blues car on y rencontre des êtres vivants sympathiques et causants.

L’ispiciri a ouvert le 1er mai 2021. C’est une association sans président, sans trésorier mais avec des représentants légaux tirés au sort pour un an. Elle a un fonctionnement différent des autres magasins d’alimentation, en voilà les bases :

  • L’épicerie est un magasin associatif intégralement et exclusivement autogéré par ses usagers. C ‘est une initiative citoyenne, collective et autogestionnaire, elle a pour vocation de le rester. Cet espace cesse d’exister en l’absence d’implication de ses membres.
  • L’épicerie ne pratique pas de marges. Elle vise à permettre l’accessibilité à tous et toutes à des produits de qualité. Sont privilégiées les productions locales et durables sans pour autant que ce soit une obligation.
  • Les producteurs sont libres d’appliquer les tarifs qu’ils souhaitent en considérant à la fois la valeur de leur travail et la valeur de l’initiative et de l’engagement que constitue une épicerie autogérée. 
1,80 € la bouteille

Pour faire vos courses à l’ispiciri, il vous faut donc être adhérent (40 €). Puis vous créditez votre compte par virement : ce sera votre tirelire. A chaque fois que vous venez, vous vous servez, vous pesez et comptez la marchandise achetée. Puis vous reportez la somme de vos dépenses sur votre fiche dans un classeur (pas d’ordinateur, pas de caisse !). Personne ne vérifie que vous ne volez pas car l’ispiciri est basée sur la confiance.

Côté nourriture, l’ispiciri ne vend que du sec et de l’alcool (vin, bière). Beaucoup de vrac ce qui favorise le zéro déchet. Certains produits sont proposés par les adhérents (confiture, fromage, oeufs, travaux d’aiguille…). Dans ce cas-là aussi vous vous servez puis vous mettez quelques pièces dans une boîte, sous forme de participation consciente.

A l’ispisiri, on vous donne du mimosa. La semaine dernière, le bouquet était à 6 € au marché de Blois, et ce lundi, 20 € chez un fleuriste parisien du 13e arrondissement…

L’ispiciri propose parfois des ateliers (couture par exemple).

L’amplitude d’ouverture n’est pas encore très grande car elle repose sur la disponibilité des adhérents. Nous sommes à peu près 120 pour l’instant. Le souhait est de ne pas dépasser les 150 adhérents afin de ne pas prendre trop d’ampleur.

J’ai fait mes premiers achats cette semaine et je ferai ma première permanence jeudi prochain, jour de marché à Lannion.

Cette initiative est un ovni parmi les hypermarchés toujours plus puissants et la vente en ligne (à regarder le très intéressant documentaire d’Arte : Hypermarchés, la chute de l’empire). Je ne sais si elle perdurera mais en attendant, c’est une riche expérience humaine qui fait chaud au coeur. Bravo aux généreux qui en ont eu l’idée et merci à tous les ispiciriens qui la font vivre.

Lire un article du Télégramme à l’occasion de l’ouverture.

Ispiciri, 17, rue Compagnie-Roger-Barbé à Lannion (centre ville), 22300 – ispisiri@tutanota.com