L’oenanthe safranée : un fléau

Depuis des mois je retourne la terre en Bretagne nord, et en ce printemps plus que jamais, je dois me battre contre ce fléau invasif qu’est l’oenanthe safranée. C’est une plante de la famille des ombellifères prospérant en milieux humides et ici, le terrain est classé « zone humide ».

Il y en a partout et de plus en plus. Les bord de fossés en sont remplis et dans le champ du potager, il en pousse partout. L’oenanthe safranée est toxique de A à Z : feuilles, fleurs, tiges, racines peuvent vous tuer, tout simplement. Car en plus d’être invasive, elle ressemble à des plantes comestibles comme la carotte sauvage. En 2020 un Nantais est mort. Elle est également toxique pour les animaux.

Il faut les déterrer et sortir absolument tous les maudits tubercules soudés ensemble et qui sentent l’anis. Il est malheureusement impossible de simplement tirer dessus pour les sortir de terre car la tige est très cassante. Il faut creuser et ce faisant, on coupe des tubercules qui restent donc en terre et repartent de plus belle.

Les racines sont composées de fibres et tubercules soudés au collet.

Ces oenanthes très invasives sont un vrai fléau. Seul avantage : les vers de terre grouillent à leurs pieds.

Première récolte de radis breton

Ça n’est pas un événement en soi, mais ça me fait tellement plaisir que je partage cette nouvelle et cette photo avec vous. Ma première récolte de radis me met en joie ! Ce sont des Gaudry, des radis grelots et il y en a encore puisque j’ai resemé entre les rangs. Ils apprécient la pluie et le soleil breton, comme moi 🙂

J’espère que cette première récolte laisse augurer du meilleur pour la suite. Les fèves vont très bien, ainsi que les pommes de terre mais les salades asiatiques se font dévorer par les limaces. Quant aux semis de tomates, courgettes, poivrons, aubergines, maïs, potimarrons, concombres, melons, pastèques…etc, ils poussent doucement, très doucement pour certains et je les bichonne. La maison de la maman de Jacques où je séjourne en attendant la mienne est envahie de petits pots, plus d’une centaine éparpillée dans diverses pièces… J’essaie de me faire la plus discrète possible, mais ça n’est pas facile. Nous avons hier monté la structure de la serre, ce matin nous devions monter la bâche mais il pleut (première fois depuis au moins une semaine).

J’espère que ça germe bien chez vous !

L’éveil du potager breton

Il y a un an, l’endroit où se trouve le bas de mon potager breton n’était encore qu’une prairie où parfois les chevaux de notre voisin Eric broutaient gentiment. En août 2021, j’ai commencé à défricher pour installer deux planches de culture : travail très éprouvant car il y a quantité de racines de fougères et d’orties et surtout de tubercules d’œnanthe safranée. Sur ces deux premières planches de culture il y a aujourd’hui une soixantaine de plants de fraisiers. Certains sont grimpants, c’est pourquoi nous avons construit une structure en bambou.

J’ai installé les planches de culture suivantes directement sur l’herbe, sans défricher du tout. J’ai placé du bois pourri par terre puis, selon arrivage, du crottin de cheval, des feuilles mortes, de l’herbe coupée, de la paille… Puis j’ai bâché avec de vieilles bâches, de vieilles nappes, des tôles, des emballages plastique de terreau.

Depuis une semaine il fait si beau en Bretagne que j’ai décidé de débâcher pour que la terre se réchauffe un peu. J’ai même planté mon premier plan de tomate, une Green Zebra semé il y a un mois. Je l’ai mis sous une bouteille dans un nid de foin.

Dans la vidéo en lien, vous verrez ces planches de culture ainsi que l’espace potager qui trône à l’endroit où en décembre dernier il y avait encore plusieurs mètres cubes d’ardoises abandonnées là il y a 40 ans. J’y ai travaillé pendant trois mois d’arrache pied. Il doit être encore fignolé mais je suis contente du résultat.

Pour voir la vidéo.

Des fougères partout

Petite vue sur le potager breton que je continue à aménager, vaille que vaille. J’ai commencé à nettoyer le talus qui le sépare de la route en arrachant les ronces de plusieurs mètres et les orties au moins millénaires : les réseaux de racines sont extrêmement denses.

C’était à peu près propre quand je suis partie. De retour 15 jours plus tard, voilà ce que je trouve :

Ces fougères qui n’étaient pas là sont sortie et ont grandi de 30 centimètres en deux semaines ! Et ici, en bord de sous-bois, il y en a partout. Je vais laisser celles qui poussent sur le talus car c’est vraiment joli.

Par contre, ces fougères poussent également dans le champ que je transforme en potager. Et elles poussent dans mon bac à oignons, en poussant les oignons ! En octobre, j’ai posé un coffrage fait de planches de récup’ à même l’herbe et je l’ai rempli de terre assez légère (les oignons n’aiment pas les sols argileux ni l’humidité). J’y ai déposé 20 bulbilles d’oignons Snowball qui ont très bien passé l’hiver. Mais début avril, les fougères dessous ont commencé à croître et les tiges très vigoureuses ont tout simplement poussé et déterré les oignons qui se développent quasi en surface : pousse-toi de là que je m’y mette !

Oignons déterrés par une fougère (coupée, on ne la voit pas sur la photo)
Une autre fougère pointe son nez dans le bac à oignons

En plus de l’hyper humidité, des limaces, des chats, des oiseaux et autres animaux des bois qui creusent et du peu de chaleur, il va donc aussi falloir faire avec les plantes sauvages très envahissantes. Ces fougères le ont, mais ce n’est rien face à l’œnanthe safranée, mon ennemie intime sur laquelle je vous fais un billet prochainement.

Pour finir positivement, voici sur le talus nettoyé, une de mes deux boutures d’hortensia 2021 et juste à côté, une fougère en pleine croissance : ça va être joli !

L’hybridation des cucurbitacées

Les courges font le bonheur du potager estival. Jaunes, vertes, rouges, oranges : elles sont magnifiques, productives et excellentes. Mais bien souvent, le jardinier craint l’hybridation des cucurbitacées qui donnerait naissance à des butternuts bleues ou des citrouilles jaunes à pois verts. Pourtant, ça n’est pas bien compliqué de s’y repérer en passant par l’indispensable case botanique.

Une règle préside à tout ça : les espèces différentes ne s’hybrident pas entre elles. Il faut donc connaître le genre et l’espèce de toutes ces cucurbitacées, cette grande famille qui compte 130 genres et environ 800 espèces. Voici un tableau simple.

NOM COMMUNGENREESPECE
Courgettecucurbitapepo
Pâtissoncucurbitapepo
Butternutcucurbitamoschata
Courge de Siamcucurbitaficifolia
Potironcucurbitamaxima
Potimarroncucurbitamaxima
Meloncucumismelo
Kiwanocucumismetuliferus
Cornichoncucumissativus
Concombrecucumissativus
Concombre arméniencucumis melo
Pastèquecitrulluslanatus
Chayottesechiumedule

Pour éviter l’hybridation des cucurbitacées, il n’y a qu’à éviter les concombres à côté des cornichons et les potirons à côté des potimarrons. Et le concombre arménien (j’en ai semé cette année), malgré son nom et son apparence étant un melon, ne pas le cultiver à côté des autres melons.

Et donc, ô joie, ô bonheur, vous pouvez sans crainte faire pousser des melons à côté des pastèques, des courgettes ou des butternuts.

Mais attention, les différentes variétés peuvent s’hybrider. Donc, les différents melons peuvent s’hybrider, ainsi que les différentes courgettes, les différentes pastèques…etc. Pour éviter l’hybridation de vos courgettes, il ne faut en cultiver qu’une variété. Sinon, laissez faire et vous aurez une nouvelle variété que vous pourrez baptiser du nom qu’il vous plaira.

Pour ma part, j’ai semé toutes les cucurbitacées présentes dans le tableau sauf les pâtissons et les potirons.

Komz a rit brezhoneg ?

Depuis le mois d’octobre dernier, j’apprends le breton. Enfin j’essaie… J’ai commencé avec une vieille méthode Assimil trouvée chez Emmaüs : Initiation au breton sans peine.

Comme son nom l’indique, c’est l’étape d’avant Le Breton sans peine mais c’est déjà complexe. Ce qui rendait l’apprentissage d’autant plus ardu c’est que cette méthode ne comprend pas d’audio : j’apprenais phonétiquement des mots et des phrases dont je n’étais pas sûre de la prononciation…

Klañv on hiziv : poan-benn am eus, skuizh on ha riv ameus

J’ai fait une trentaine de leçons comme ça, sans support son. On ne trouve rien sur Internet pour apprendre le breton. Faut apprendre l’anglais ou le chinois, et pas se torturer le cerveau avec des langues bizarres, un point c’est tout.

Bref, parce qu’il faut ce qu’il faut, j’ai investi dans la dernière mouture Assimil. Et là ça ne rigole plus : 100 leçons, des dialogues sur 4 CD audio, des exercices. La méthode préconise 30 à 40 minutes d’apprentissage quotidien mais je n’y consacre que 10 à 15 minutes chaque jour. J’avance très lentement (j’ai le temps), je reviens sur la leçon de la veille voire de l’avant-veille avant d’en entamer une autre ; je fais et refais les exercices. A plus de 50 ans, on apprend moins vite une langue qu’à 20 ans. Mais à l’évidence, je progresse.

Le breton est une langue très vivante. Contrairement à ce que je croyais elle est parlée par beaucoup de gens en Bretagne et les jeunes sont beaucoup plus brittophones que leurs parents. C’est le résultat des écoles Diwan, où l’enseignement de toutes les matières se fait en breton de la maternelle au bac. J’ai entendu de très jeunes gens parler breton alors que leurs parents n’en comprennent quasi pas un mot.

A moment où je vais m’installer en Bretagne, je trouve important de passer par l’apprentissage de la langue car qu’y a-t-il de plus vivant que le parler, les mots ? Une langue dit tellement des gens qui la parlent. Je m’intéresse à l’histoire de ce bout de terre qui va m’accueillir, à ses animaux, ses plantes, sa géographie, ses traditions (sans pour autant pratiquer le fest noz !), à sa gastronomie et donc, à sa langue. C’est un tout.

Pesto d’ail des ours

J’ai eu envie de faire moi-même mon pesto d’ail des ours en constatant le prix de vente exorbitant d’un pot : 9.50 € les 180 grammes sur le site La Ferme du bien-être, 5 € les 110 grammes sur Maconfinade, 5.50 € les 125 grammes chez Fischer… bref, alors qu’on cueille gratuitement de l’ail des ours en forêt, je trouve ça délirant. Alors oui, il y a de l’huile d’olive dans le pesto mais avec 9,50 €, j’achète deux bouteilles de 0.75 cl d’huile d’olive à l’Ispisiri.

Première étape, la promenade en forêt en mars/avril pour trouver un endroit où pousse l’ail des ours. Il ressemble au muguet mais en mars il n’y en a pas et surtout, le muguet ne sent pas l’ail quand on frotte ses feuilles… sinon ça serait de l’ail des ours ! Pour les inquiets, un article du très bon site Le chemin de la Nature pour ne pas se tromper.

Image by Couleur from Pixabay

Une fois que vous avez vos feuilles il ne reste plus qu’à les rincer et les équeuter. Puis à mixer tous les ingrédients ensemble. Voici pour ma part les divers ingrédients utilisés et leurs proportions :

  • 185 grammes d’ail des ours
  • 50 grammes de parmesan en poudre
  • 85 grammes de noisettes en poudre
  • 200 millilitres d’huile d’olive.

Je mixe tout ça avec un mixeur plongeur jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de morceaux de feuilles et j’obtiens environ un pot à confiture de pesto.

Image by Couleur from Pixabay

Certains font du pesto avec des pignons de pin plutôt que des noisettes : c’est beaucoup plus cher.

Nous avons donc agrémenté notre plat de spaghettis d’un pesto d’ail des ours, et c’était bon. Mon chéri y ajoute de la crème fraîche, comme dans tout (il peut se le permettre : il est gros comme un haricot vert).

Je souhaite tenter la conservation à long terme. Dans le réfrigérateur, le pesto se garde plusieurs mois si on y ajoute un peu d’huile d’olive après chaque prélèvement. Mais je souhaite connaître la durée de conservation en bocal hors réfrigérateur. J’ai donc stérilisé un petit bocal que j’ai rempli de pesto d’ail des ours puis placé dans une réserve à l’abri de la lumière, avec mes autres essais de conservation. Nous verrons le résultat dans un an.

Arrêtez de manger des fraises et des tomates au mois de mars

Même si elles poussent en France, dans votre région, le bilan carbone des fraises et des tomates qu’on trouve en ce moment est désastreux. On peut vivre sans manger des fraises et des tomates au mois de mars, ça n’est pas indispensable comme se chauffer ou se déplacer, alors arrêtez.

Ces tomates et ces fraises ont poussé dans des serres chauffées depuis plusieurs mois et le pire c’est qu’elles sont parfois estampillées bio ! Ouvrez les yeux : il est où le bio là-dedans alors que vous faites tourner des moteurs pour quelques secondes de plaisir gustatif ?

Sur le marché de Lannion (22) ce matin, 24 mars, un vendeur de fruits et légumes vendait de nombreuses variétés de tomates et des fraises. L’argument étant qu’elles étaient françaises et même bretonnes. Et alors ?

A savoir :

  • les fraises vendues hors saison sont cultivées sous serre qui doivent être chauffées 24 h/24, éclairées et ventilées, ce qui génère un énorme gaspillage d’énergie ;
  • elles impactent 7 fois plus le climat que les fraises cultivées sous abri non chauffé. Le pire étant les serres chauffées au gaz (70 % des serres françaises le sont), trois fois plus émissives que celles chauffées au bois ;
  • les tomates cultivées sous serre nécessitent 4,5 fois plus d’énergie et d’intrants que celles plantées en pleine terre ;
  • une tomate française hors saison (qui pousse sous serre chauffée) a un impact carbone près de 10 fois supérieur à une tomate de saison venant d’Espagne.

Réfléchissez !

Les cerisiers annoncent le printemps

C’est aujourd’hui le printemps et ô miracle, il n’a pas plu depuis quatre jours. Comme nous, le cerisier en profite pour sortir et nous offrir sa toute première floraison bretonne.

Ce cerisier sauvage (ou cerisier franc, issu d’un noyau), je l’ai récupéré en octobre dernier à Blois chez quelqu’un qui n’en voulait plus dans son jardin. Son propriétaire l’a tant bien que mal déterré, puis l’arbre est resté plusieurs jours les racines à l’air dans un sac (avec un peu de terre tout de même). Il a ensuite fait 500 kilomètres dans ma voiture. Aussitôt descendue, à la nuit presque tombée, j’ai sauté sur une pelle et lui ai fait un trou. Je lui ai mis un tuteur, un manteau d’herbe coupée et de feuilles mortes à ses pieds et l’ai entouré d’un grillage pour lui épargner les chevreuils.

Je suis donc contente qu’il ait survécu à l’hiver et que d’une fleur à peine épanouie sur ciel breton, il annonce des jours meilleurs.