Première tomate 2022

Il y a eu la première courgette, la première salade, les oignons, les fèves et tout mais la première tomate, c’est quand même quelque chose et elle mérite photo et article. D’autant plus qu’elle est bretonne et qu’elle a bien voulu pousser dans le potager.

Belle charbonneuse qui a pris bien de l’avance sur ses semblables !

Cette année est une première pour moi et pour ce potager en Bretagne nord. On m’a dit (car je me suis beaucoup renseignée auprès des locaux) : ici, pas de tomates sans serre. Bien. Vous vous souvenez peut-être que j’ai trouvé une serre d’occasion, montée seulement fin avril. C’est peut-être ce qui explique que les tomates sont toujours vertes sous la serre et que la grande gagnante est donc une tomate d’extérieur.

Ceci dit cette année, on ne reconnaît plus le climat breton puisqu’ici non plus il ne pleut pas et qu’il y a dix jours, on a eu plus de 40°. C’est plus supportable depuis quelques jours.

Pour tout vous dire, cette gagnante était déjà ma favorite puisque l’an passé, c’est la même variété qui a résisté au mildiou. Et cette variété, c’est la Charbonneuse, une vaillante tomate noire de chez Kokopelli qui produit qu’il pleuve trop ou qu’il fasse trop chaud. Je garde les graines, bien sûr.

Pour être toute à fait honnête, la première aurait dû l’emporter il y a dix jours. C’était le seul plant de tomate du jardin que je n’avais pas semé mais troqué au cours d’un troc de plantes. Ce qui est quand même un peu vexant… Mais cette belle première tomate s’est tout simplement fait dévorer par on ne sait quel animal, un de plus après les oiseaux, les limaces et les chevreuils (qui ont dévoré tous mes framboisiers, je n’ai pas eu la moindre framboise).

Tomate dévorée par le dessous, la moitié un jour, le reste le lendemain

Voilà donc la saison des tomates qui commence, ainsi que celle des concombres. C’est encourageant, ça me motive pour faire mes semis pour un aussi bon résultat cet hiver.

Et vous les tomates, ça pousse ?

Soupe de courgette

En ce chaleureux mois de juillet, on ne va pas tarder à crouler sous les courgettes. Il va donc falloir trouver des recettes pour les accommoder, parce que le gratin, ça va bien un peu… L’avantage de cette soupe de courgette est qu’elle peut se manger froide, c’est même bien mieux en ce moment. Elle peut aussi se stériliser pour l’hiver.

Les ingrédients qu’il vous faut et que vous trouverez peut-être dans votre potager :

  • des courgettes (une belle par personne)
  • des oignons (un par personne)
  • de l’ail
  • du bouillon de légumes
  • de la menthe

1 – Faites revenir l’ail et l’oignon à poêle quelques minutes ;

2 – Ajoutez les courgettes coupées en cubes puis environ 3/4 de litre de bouillon de légumes ;

3 – Laissez mijoter 30 minutes ;

4 – Ajoutez des feuilles de menthe entières en fin de cuisson ;

5 – Mixez tout ça avec un mixer plongeant

6 – Laissez refroidir, mettez au frigo et voilà : la bonne soupe est prête !

Bien au frais dans mes pommes de terre

Alors qu’il fait très chaud durant la journée, monsieur (ou madame) Crapaud se protège de la chaleur en se cachant dans le bac à lasagne où je fais pousser mes pommes de terre : sous la paille c’est encore humide même si je n’arrose pas. Oui mais voilà, aujourd’hui c’est jour de récolte donc il va falloir aller prendre le frais ailleurs…

Multipliez vos fraisiers

En ce chaud printemps, vous constatez certainement que vos fraisiers produisent de nombreux stolons. Ne les coupez pas et multipliez vos fraisiers facilement grâce à ces rejets.

Les stolons partent du coeur du fraisier et s’élancent à l’assaut de votre fraiseraie. S’ils rencontrent de la terre, ils s’enracinent pour se reproduire : ils se marcottent. Vous devez intervenir juste avant l’enracinement. Vous attrapez le stolon et repérez l’endroit où il fait une feuille. Il y a aussi souvent un début de racine (ma photo n’est pas très nette…).

Racines de stolon

Sans le séparer du pied-mère, vous placez ce stolon raciné dans un petit pot rempli de terre et vous arrosez.

Stolon en pot

Ce petit fraisier bénéficie de toute la force du pied-mère pour se développer. 15 jours plus tard, vous pouvez les séparer en coupant le stolon. Il a fait des racines.

Stolon raciné

Celui-là, il est même largement temps de le mettre dans un pot plus grand. Il passera l’été dans un endroit frais (on en trouve encore en Bretagne) et sera planté en pleine terre entre octobre et décembre, la meilleure période pour planter les fraisiers.

Puisqu’une fraiseraie doit être renouvelée tous les quatre ans environ pour rester productive, vous pouvez tous les ans produire un quart des plants dont vous avez besoin.

Ma nouvelle voisine s’appelle Louise…

Cette charmante biquette appartient à mes voisins d’en face. Elle se promène en liberté autour de leur maison, sur la route et dans mon jardin (tout comme leur chien). Enfin elle se promenait dans mon jardin. Car la première chose que j’ai faite, avant toute autre, a été d’installer un grillage. Ça n’est ni chaleureux ni accueillant mais il est hors de question que Louise vienne bouffer mes plantations.

Sur la photo en bannière, elle est donc d’un côté du grillage et moi de l’autre. La première fois qu’elle s’est rendu compte qu’il y en avait un, elle a balancé de grands coups de cornes dedans.

Comme le terrain n’est pas au carré, il y a des interstices dans lesquels elle pourrait se glisser. Elle pourrait aussi entrer en faisant le tour du jardin, par le champ. Je tremble un peu à chaque fois que je reviens : mes fraisiers et framboisiers (c’est tout ce que j’ai planté pour l’instant dans le jardin de ma nouvelle maison) seront-ils toujours là ?

Récolte de fèves

Semées le 21 octobre et plantées le 31 décembre, les fèves Aguadulce ont tenu toutes leurs promesses. La floraison a été magnifique et abondante et la récolte dépasse mes espérances. Tout ça à partir de vingt graines…

Les fèves sont énormes et ma structure faite de bambous et de treillis de carreleur n’est pas tout à fait suffisante : il faudrait un bambou de plus pour bien tenir le treillis.

J’ai mis une petite heure pour écosser ce panier de fèves, que j’ai ensuite fait bouillir cinq minutes. Puis j’ai à nouveau mis une heure pour enlever la petite peau qui entoure chaque graine. C’est long et pas marrant, d’où je pense le peu de succès des fèves en général qui sont pourtant excellentes pour la santé. C’est une légumineuse peu calorique qui contient des vitamines (C, B9), du fer et des fibres, des protéines végétales (6 grammes de protéines pour 100 grammes de fèves, c’est beaucoup) et sont peu caloriques.

Depuis déjà plusieurs semaines, je récolte beaucoup de fèves, par paniers entiers. Mon problème est de les conserver (sans congélateur). Comment les faire sécher au mieux ? J’ai une recette de conservation dans l’huile d’olive : quelqu’un a déjà testé ?

S’opposer à l’installation d’un compteur Linky

Est-ce possible ? On lit généralement que le compteur Linky est obligatoire. Son obligation est d’ailleurs transcrite dans plusieurs textes, notamment dans la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 pour la transition énergétique et la croissance verte (article 29), dans la directive européenne 2009/72/CE du 13 juillet 2009 concernant des règles communes pour le marché intérieur de l’électricité, et dans l’article L322-8 du Code de l’énergie.

Donc, ça ne va pas être facile. Mais l’une des caractéristiques de mon Eutopia, ma petite maison idéale est de ne pas avoir de compteur Linky qui traque ma consommation et me flique. Pas de suceur de données personnelles ensuite revendues au plus offrant à des fins commerciales. Depuis le début c’est clair pour moi : pas de compteur Linky chez moi. Et puis, je ne sais pas vous mais moi, quand on me dit « c’est comme ça et pas autrement » eh bien je dis non, c’est dans mes gènes…

Donc la petite maison que je viens d’acheter ne possède pas de compteur Linky, bien sûr. Mais… il me faut l’électricité, au moins pour faire les travaux et avant l’installation (j’espère) de panneaux solaires avec autonomie totale donc déconnexion du réseau.

Oui mais ma petite dame, me disent les fournisseurs d’électricité verte que j’ai contactés, il faut d’abord contacter l’ancien fournisseur, celui des anciens propriétaires. Il faut reprendre un abonnement chez eux puis c’est le fournisseur vert qui le résiliera. Bien, d’accord, c’est complètement crétin mais rien ne m’étonne plus dans notre système.

Bonjour monsieur EDF, c’est pour un contrat. Ah mais ma petite dame, votre compteur est antédiluvien : il vous en faut un autre, un beau Linky communicant tout neuf. Vous allez pouvoir suivre votre consommation au jour le jour, c’est pas beau ça ?! Euh, non pas trop… moi je n’en veux pas de votre compteur de merde (je résume bien sûr mon argumentaire à sa substantifique moelle).

Je parlemente, parlemente et parlemente encore. Et j’obtiens que monsieur EDF appelle madame Enedis pour que le technicien vienne m’installer autre chose qu’un Linky. Et de m’entendre dire que c’est bien noté, le technicien viendra avec un autre compteur. J’ose à peine y croire mais…

Sandrine 1 – Linky 0

Je ne fanfaronne pas trop, ça me paraît vraiment trop beau. On me dit (entre autres) : « tu perds ton temps, c’est obligatoire ». Vous avez certainement noté vous aussi à quel point les gens sont encourageants quand vous êtes dans la merde avec l’administration quelle qu’elle soit : ils vous parlent de leur expérience en vous disant que c’est peine perdue. Ouais, mais c’est justement en estimant que tout est fatal qu’on accepte tout et n’importe quoi : DITES NON !!

Le jour J, le technicien d’Enedis se pointe pour installer le nouveau compteur. Je n’en mène pas large car l’ancien est à l’extérieur, j’imagine déjà le type en train de me coller son Linky sans me demander mon avis. Mais il regarde aussi le tableau, qui lui est à l’intérieur et déclare d’un ton très professionnel qu’il ne peut rien faire car il faut aussi changer le vieux tableau complètement has been.

– Et ça, ça prend deux heures ma petite dame. Au fait, le Linky est obligatoire vous savez ? D’ailleurs, on n’a plus d’anciens compteurs

(Et là, dans ce monde de menteurs, il faut être plus menteurs que les autres…)

– Ça n’est pas ce que m’a dit monsieur EDF : après avoir contacté madame Enedis, il m’a affirmé qu’il avait été pris note de ma demande et qu’on me poserait un compteur CBE.

-Ah, mais ça n’est pas possible ça ! On nous dit de dire aux gens que le Linky est obligatoire mais s’il y en a qui tiennent un autre discours alors on n’y arrivera jamais !

Ah, ben ça moi monsieur, votre merdouille interne, je m’en fous (bon, je ne l’ai pas dit).

Voilà donc mon technicien menteur reparti et moi obligée de prendre un autre rendez-vous avec pose d’un compteur ET d’un tableau. La veille du jour fixé, je recontacte Enedis pour savoir si ma demande de non compteur Linky ne s’est pas perdue entre temps : ça serait bête que le technicien se déplace pour rien. J’ai au téléphone une charmante personne qui me dit que non, c’est bien noté sur ma fiche : il viendra avec un CBE.

Et là, je ne fanfaronne pas encore mais je commence à planer…

Un quart d’heure avant d’arriver, le technicien m’appelle pour me dire qu’il est à l’approche. Ok, à tout de suite. Et là, de façon tout à fait incompréhensible, je me mets à saigner du nez comme une fontaine. La dernière fois que j’ai saigné du nez s’était il y a grosso modo quarante ans. J’attrape mon petit mouchoir à fleurs en tissu (pas de Kleenex ni de Sopalin chez moi) que je me colle sous le nez sans grande efficacité…

Et voilà mon technicien qui arrive, le même menteur que la dernière fois qui me disait qu’il n’existait pas d’autres compteurs que les Linky. La tête en arrière, mon mouchoir ensanglanté sous le nez, je lui demande de me montrer le compteur qu’il va poser. Et il me sort un magnifique CBE de sa boîte, sans autre commentaire.

Et voilà, j’ai gagné et je suis ravie, vous n’imaginez pas à quel point. Ravie de ne pas avoir ce mouchard chez moi, ravie d’avoir résisté (encore une fois) et ravie de faire un pied de nez aux grincheux qui n’ont pour seule religion que le « c’est comme ça ».

Tout arrive…

Enfin voilà, c’est fait : me voilà propriétaire de cette petite maison bretonne, tout près de Lannion (22).

Les complications et délais sont oubliés, les travaux commencent. Rien de très important puisque la maison est habitable, mais très démodée. Et parce que la surface au sol est de 30 m² + une chambre sous toit de 20 m² sous laquelle on ne tient pas debout si on mesure plus d’un mètre 75, ce qui est mon cas.

J’ai bien sûr déjà oeuvré dans le jardin, donné les anciens meubles sur Le Bon Coin et commencé à refaire la cuisine. Je vous montre tout ça au fur et à mesure. J’avais déjà beaucoup à faire au jardin de Treb’, à présent j’en ai deux plus une maison !

Ne pas oublier : j’aime les animaux

J’aime les animaux, j’aime les animaux, j’aime les animaux, j’aime les animaux, j’aime les animaux, j’aime les animaux, j’aime les animaux, j’aime les animaux… il ne faut jamais que je l’oublie…

Même quand les limaces me bouffent tout et même quand un matin, je monte au potager perpétuel et je constate que malgré tous mes efforts de l’automne dernier, aucun de mes 25 pieds de framboises ne donnera cette année : les chevreuils ont tout bouffé ! Ils ont laissé quelques pieds de groseilles, la moitié environ.

Ils ont aussi dévoré tous les bourgeons de mon rosier L’Alhambra, un rosier acheté en jardinerie, ce qui est très rare, juste pour me faire plaisir, pour avoir du beau au jardin parmi les plants de légumes…

Terreau maison

Pas d’achat de terreau à semis cette année, trop cher. J’ai donc décidé de me débrouiller avec ce que j’ai sur place, à savoir de la terre végétale quasi de sous bois. Le terrain sur lequel se trouve mon potager breton est entouré de forêts et il compte de multiples endroits où du bois était entassé.

J’ai donc ramassé beaucoup de terre de surface, essentiellement composée de feuilles et de bois décomposés. J’ai aussi mis la main sur un vieux tas de gazon coupé + feuilles mortes parfaitement décomposé. J’ai ensuite beaucoup tamisé pour ôter les plus gros morceaux. Puis j’ai semé toutes mes graines là-dedans, grosses ou petites, maïs comme tomates.

Le résultat est parfois étonnant : pour 4 graines de maïs semées le même jour dans la même terre, j’obtiens un pot dans lequel les quatre graines germent et une culture de mauvaises herbes…

Il est vrai qu’il pousse quelques mauvaises herbes avec du terreau maison, mais il est tout de même aisé de reconnaître une pousse d’aubergine, de poivron ou de tomate.

J’arrose régulièrement (environ toutes les trois semaines) mes semis avec de l’infusion d’ortie.

Le bilan est très positif, j’obtiens des plants avec de belles racines que j’ai commencé à rempoter pour certains. Et c’est tant mieux car je n’avais pas de plan B…

J’ai hâte de planter tout ça en pleine terre !